Feminicides

Partout dans le monde, les féminicides représentent un enjeu social majeur. Chaque année, des dizaines de milliers de femmes sont tuées parce qu’elles sont des femmes, dans un contexte de violence sexiste enracinée dans des rapports de pouvoir historiques. Le Québec n’échappe pas à cette réalité.

Féminicide [feminisid] n. m.

Le terme “féminicide” désigne le meurtre de femmes et de filles en raison de leur sexe et/ou de leur de genre. Il englobe les assassinats individuels ainsi que les formes systématiques de violence meurtrière. Les féminicides sont des meurtres sexospécifiques commis par l’homme. Le féminicide est reconnu comme la manifestation la plus extrême de la violence et s’inscrit dans un continuum de violences et de discriminations sexistes. L’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime reconnait 11 types* de féminicides allant du féminicide intime au féminicide lié aux conflits armés ou à la criminalité organisée, toutefois à la CFVF nous reconnaissons 3 autre type de féminicide dont le suicide forcé, le matricide et le féminicide par omission de soins ou négligence.

Les féminicides sont des homicides spécifiques et sont commis par des hommes, différents des autres formes de meurtre en raison de leurs motivations : la haine, le mépris ou l’idée de domination des hommes sur les femmes.

Voici les 13 types de féminicides reconnu par la CFVF:

  1. un meurtre à la suite de violences conjugales
  2. un suicide découlant des systèmes liés à la violence conjugale et/ou au contrôle coercitif
  3. une torture et un massacre misogyne causant la mort
  4. un assassinat au nom de “l’honneur” (souvent commis par les familles originaires du proche orient ou du sous-continent indien, NDLR)
  5. un meurtre ciblé dans le contexte des conflits armés
  6. un assassinat lié à la dot des femmes
  1. une mise à mort des femmes et des filles en raison
    de leur orientation sexuelle
  2. un assassinat systématique de femmes autochtones
  3. un décès à la suite de mutilations génitales
  4. un meurtre après accusation de sorcellerie
  5. un suicide forcé ou d’autres meurtres sexistes associés aux gangs, au crime organisé, au narcotrafic, ou encore à la traite des personnes et à la prolifération des armes légères.
  6. un féminicide par omission de soins ou par négligence.
  7. un matricide

*Les fœticides et les infanticides ne sont pas comptabilisés à la CFVF, mais font partie des féminicides reconnu par l’ONU.

Un terme qui ne fait pas consensus.

Il est important de noter que l’utilisation du terme “féminicide” pour désigner le meurtre d’une femme en raison de son genre ne fait pas consensus. Certains remettent en question la pertinence de créer une catégorie juridique spécifique, arguant que cela pourrait être difficile à caractériser ou rompre l’égalité devant la loi.

C’est à la sociologue et féministe sud-africaine Diana E. H. Russell que l’on doit la première utilisation du mot dans sa forme raccourcie “fémicide”. Le terme a ensuite été popularisé par son ouvrage co-écrit avec Jill Radford en 1992 : “Femicide: The Politics of Woman Killing”. C’est au courant des années 2000 que la féministe mexicaine Marcela Lagarde de los Ríos a conceptualisé le terme féminicide pour dénoncer non seulement le meurtre des femmes en raison de leur sexe, mais aussi la complicité étatique, dont l’inaction participe à la violence envers les filles et les femmes. Ce n’est qu’en 2015 que le mot “féminicide” a été intégré pour la première fois dans un dictionnaire de langue française, le Petit Robert. Son usage s’est depuis répandu dans les médias et l’espace public, bien qu’il ne soit pas reconnu juridiquement au Canada à ce jour. Malgré ces réserves, de nombreuses associations féministes militent activement pour l’emploi de ce terme. Elles y voient un moyen de qualifier ces crimes comme des faits de société révélateurs des violences systémiques faites aux femmes, plutôt que de les reléguer au rang de simples faits divers.​

Sources : OMS, ONUDC, Observatoire canadien du fémicide, Statistique Canada, Office québécoise de la langue française, Le Robert, Larousse, CSF, Diana E.H. Russel

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