Fiches pornographie
Malgré les efforts considérables de la Coalition féministe contre la violence envers les femmes (CFVF) et surtout le travail acharné de la sénatrice Julie Miville-Dechêne pour faire avancer les projets de loi S-210, ces initiatives prometteuses ont été mises sur les tablettes à la suite de la démission de Justin Trudeau. Ce départ a entraîné une réorganisation des priorités politiques, laissant en suspens des mesures cruciales pour protéger les femmes et les filles.
Cependant, notre engagement demeure intact. Les fiches et outils développés pour ces campagnes sont toujours disponibles et prêts à être utilisés pour d’autres actions de sensibilisation. Ensemble, nous continuerons à faire entendre nos voix.
PL S-210 ET PL C-63 : L’UN NE VA PAS SANS L’AUTRE
La Coalition Féministe contre la Violence envers les Femmes (CFVF) lance une campagne d’information et de sensibilisation sur la complémentarité du projet de loi S-210 traitant de l’accès des mineur·es aux plateformes pornographiques et du projet de loi C-63 abordant les préjudices en ligne.
Pourquoi la campagne PL S-210 ET PL C-63 :
L’UN NE VA PAS SANS L’AUTRE
Le 24 février dernier, le gouvernement fédéral annonçait le projet de loi C-63 également connu sous le nom de Loi sur les préjudices en ligne. Ce projet de loi vise à interdire sur les plateformes en ligne le contenu sexuel diffusé sans consentement ou montrant des agressions de mineur·es, tout en maintenant l’accès aux sites pornographiques sans vérification d’âge. Ce projet de loi vise à supplanter le projet de loi S-210 intitulé Loi limitant l’accès en ligne des jeunes au matériel sexuellement explicite présenté par la sénatrice indépendante Julie Miville-Dechêne. Ce dernier est vivement critiqué par le gouvernement libéral, car perçu comme portant atteinte au droit à la vie privée notamment à cause de la vérification de l’âge des personnes visitant les sites web, mais aussi à la liberté d’expression des producteurs et diffuseurs de pornographie.
Nous, Coalition Féministe contre la Violence envers les Femmes, sommes d’avis que les deux projets de loi sont complémentaires et devraient être adoptés conjointement afin de créer un cadre plus complet pour assurer la sécurité en ligne ainsi que protéger la dignité et l’intégrité des individus, en particulier des mineur·es.
Voici pourquoi:
Le projet de loi S-210, c’est quoi?
Adopté par le Sénat le 18 avril 2023, le projet de loi S-210 vise à restreindre l’accès des mineur·es aux contenus pornographiques en ligne. Il prévoit l’obligation pour les fournisseurs de services Internet de bloquer l’accès à ces sites pour les personnes utilisatrices âgées de moins de 18 ans. Ce projet de loi est motivé par des préoccupations croissantes concernant les effets nocifs de l’exposition précoce des mineur·es à des contenus pornographiques en ligne. En cherchant à mettre en place des mesures proactives, il s’efforce de limiter cette exposition dès le plus jeune âge, dans le but de protéger le bien-être et le développement sain des jeunes générations.
Le projet de loi C-63, c’est quoi?
Le projet de loi C-63 vise à « mieux protéger les enfants » en faisant la promotion de la sécurité et en réduisant les torts causés par les contenus préjudiciables en ligne. Ce projet a comme objectif de créer une réglementation obligeant les médias sociaux et autres plateformes en ligne à prendre des mesures raisonnables contre l’exposition à des contenus préjudiciables telles que des images intimes communiquées de façon non consensuelle ou encore des représentations sexuelles de mineur·es, dont celles réalisées par l’intelligence artificielle – sous peine d’amendes. Cependant, contrairement au PL S-210, le PL C-63 ne vise pas à bloquer l’accès des mineur·es aux contenus pornographiques et violents. Le projet de loi C-63 vise plutôt à sensibiliser les parents, les personnes qui interviennent auprès des enfants et les plateformes numériques aux impacts de l’exposition des mineur·es à ces contenus ainsi qu’à les inciter à mettre en place des mesures de contrôle.
En quoi les deux lois sont-elles complémentaires?
Pour mieux protéger les mineur·es en ligne, il est crucial d’adopter ces deux projets de loi et de comprendre leur complémentarité.
Là où le projet de loi C-63 vient établir un cadre global contre les contenus préjudiciables en ligne et créer des obligations plus générales pour les plateformes, le projet de loi S-210 vient spécifiquement protéger les enfants et les jeunes contre l’exposition à du contenu pornographique en limitant l’accès à celui-ci directement à la source. Il est essentiel de faire appliquer les mêmes lois que ce soit en ligne ou dans notre société physique.
En effet, le projet de loi C-63, en englobant des formes de préjudice telles que l’intimidation des enfants, les incitations à l’automutilation et le contenu extrémiste, violent ou terroriste, élargit le champ d’action de la protection en ligne. Cependant, il ne prend aucune mesure pour empêcher les mineur.es d’accéder à la pornographie en ligne. En fait, il s’agit d’une version édulcorée d’une proposition libérale élaborée en 2021 adoptant une approche très prudente en ce qui concerne le retrait rapide du contenu violent et haineux, invoquant les risques potentiels pour la liberté d’expression. En ce sens, conserver uniquement la Loi sur les préjudices en ligne (C-63), c’est ne faire que 50% du travail nécessaire pour protéger efficacement les mineur·es en ligne.
Et maintenant, on fait quoi?
La Coalition Féministe contre la Violence envers les Femmes est inquiète quant au futur du projet de loi S-210 qui doit être adopté afin de protéger nos enfants. En ce sens, nous souhaitons informer le public à propos de la complémentarité des deux projets de loi et des dangers de conserver seulement le projet de loi C-63 qui malheureusement ne propose pas de mesure concrète pour bloquer l’accès des mineur·es aux plateformes pornographiques.
Selon un récent sondage Léger les Canadiens et Canadiennes soutiennent massivement la vérification de l’âge pour accéder à la pornographie en ligne, avec 77% des personnes répondantes qui y sont favorables. Il est donc impératif que la population se mobilise pour appuyer ce projet de loi.
Vous pouvez contribuer à cette campagne d’information et de sensibilisation en :
- Signant la pétition
- Partageant les publications médias sociaux de la campagne
- Interpellant le Premier ministre Justin Trudeau dans vos publications (2008-2025). (Maintenant Marc Carney – 2025 – …)
À propos de la Coalition féministe contre la violence envers les femmes (CFVF)
La CFVF est une alliance regroupant des organismes communautaires engagés dans la lutte contre la violence envers les femmes à travers le Québec. Sa mission consiste à faire de la promotion, de la sensibilisation et de l’éducation en vue de contrer toutes les formes de violences envers les filles et les femmes, et ce, en tenant compte du caractère systémique de ces violences et des impacts qu’elles peuvent avoir sur elles ainsi que sur leurs proches. La CFVF vise à mettre en commun les savoirs afin de défendre les droits des femmes tant au niveau politique que social, dans une perspective féministe et intersectionnelle sur le territoire du Québec.
Pour plus d’information, écrivez à la coordonnatrice générale de la CFVF, coordination@coalitionfeministe.org ou visitez http://www.coalitionfeministe.org/
À surveiller!
Commission spéciale sur les impacts des écrans et des réseaux sociaux sur la santé et le développement des jeunes
Le 6 juin dernier, l’Assemblée nationale du Québec créait la Commission spéciale sur les impacts des écrans et des réseaux sociaux sur la santé et le développement des jeunes (CSESJ).
Cette commission spéciale a été créée afin d’étudier les enjeux reliés aux impacts des écrans et des réseaux sociaux sur la santé et le développement des jeunes, notamment sur :
- le temps d’écran chez les jeunes;
- les mesures d’encadrement des écrans, notamment à l’école et sur le web, y compris l’accès aux outils numériques d’apprentissage;
- l’accès aux réseaux sociaux, y compris via les jeux vidéo;
- la cyberintimidation, y compris le partage de matériel sexuellement explicite;
- l’accès des mineurs à la pornographie sur le web;
- les mécanismes visant à créer une dépendance utilisés par certaines applications;
- la publicité destinée aux enfants sur les plateformes et les applications.
En ce sens, deux enjeux majeurs touchent cette campagne: l’accès des mineur.es à la pornographie et la cyberintimidation. Des consultations particulières sont présentement réalisées. Suite à cela, il y aura une consultation publique et l’accueil de mémoires. En ce sens, la CFVF vous contactera afin de vous proposer une journée d’étude sur le sujet et la mise en place d’un mémoire commun.
En attendant,
pour plus d’informations:










